L'ancienne
préfecture du Moyen-Chari située au sud du Tchad,
comprend les départements du: Barh Koh, Barh Sara,
Grande Sido, Lac Iro and Mandoul. Depuis la période
coloniale jusqu'en 1979, le Moyen-Chari fut l'une des régions
les plus propices du pays, et la sous-préfecture de
Maro (département de la Grande Sido) était pendant
plusieurs années, la première région
productrice per capita du coton sur lequel l'économie
du Tchad fut fondée.
Cependant,
dès l'avènement des conflits armés en
1979, le Moyen-Chari succomba rapidement soit à la
discrimination ethnique, soit à la simple négligence
gouvernementale, pour aboutir à l'état de décadence
totale que nous observons aujourd'hui. La région avait
subi la plupart de dégâts du point de vue structures
physiques et en vies humaines pendant les meurtres massifs
connus de tout tchadien sous le nom "septembre Noir"
en 1984. Jusqu'à nos jours, aucun effort de développement
ou de reconstruction ne se manifeste au Moyen-Chari, malgré
son climat favorable et son potentiel pour une production
agricole significative. De plus, le Moyen-Chari est récemment
devenu le centre d’accueil pour environ 60, 000 réfugiés
Centrafricains, ajoutant davantage de contraintes sur ses
ressources déjà limitées
La pauvreté
dans le Moyen-Chari est caractérisée par une
économie essentiellement rurale, de pauvres indicateurs
sociaux (l'espérance de vie, la mortalité infantile),
une infrastructure primitive, un système d'éducation
médiocre, des habitations de qualité inférieure
et le manque d'eau potable. Le niveau de la pauvreté
alimentaire au Tchad est le plus haut dans la préfecture
du Moyen-Chari, affectant 57.1 % des foyers et l'incidence
de la pauvreté générale est aussi la
plus haute dans le Moyen-Chari à 58.1 %. En fait, la
pauvreté dans le Moyen-Chari est si profonde que certains
parents sont allés jusqu'à vendre leurs propres
enfants en esclavage
Moins
de 3 % de la population au Tchad à accès à
l'électricité. Dans le Moyen-Chari, seule la
ville de Sarh à un accès limité, mais
les départements de Grande Sido, Mandoul, Barh Koh
et Barh Sara, sont en prédominance sans accès
aux sources d’énergie modernes. Les familles
à travers ces régions continuent à dépendre
des sources traditionnelles d’énergie comme le
bois à brûler, le charbon de bois et les excréments
de vaches, dont l'utilisation cause de sérieux problèmes
sanitaires, environnementaux et sociaux. En outre, l'interdiction
de l'utilisation de bois à brûler au Tchad rend
la vie de plus en plus difficile pour de pauvres familles
rurales qui n’ont pas de moyens pour se procurer du
gaz ou des cuisinières à kérosène
pour faire cuire les aliments dont ils ont besoin pour leurs
survie.
Barh Koh
ESDA félicite le gouvernement tchadien pour sa déclaration
récente de tourner la page sur le passé sombre
du pays et de travailler vers la reconstruction du Moyen-Chari
tant décrié. Nous espérons jouer un rôle
significatif dans le renforcement des capacités à
travers le soutien éducatif et la formation des cadres
et des agents de développement, aussi bien que par
la recherche et la sensibilisation sur les systèmes
agro-silvo-pastoraux pour la protection de l’environnement
et un développement durable au Moyen-Chari, mais nous
avons besoin de votre aide! C’est pour cela que nous
lançons appel à tous les fils et a toutes les
filles du Moyen-Chari ; à tous les tchadiens à
l'intérieur comme à l'extérieur du pays
et aux amis du Tchad à travers le monde – de
nous rejoindre pour qu’ensemble, nous puissions bâtir
un avenir meilleur pour le Moyen-Chari - et - le Tchad!
Titki
D. Tarassoum, Président Fondateur
Barh Koh ESDA
titki@barhkoh.org